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#1 24-04-2008 10:32:51

Alice
Invité

Albert Camus- La Peste

Le vent se levait à nouveau et Rieux sentit qu'il était tiède sur sa peau. Tarrou se secoua :

— Savez-vous, dit-il, ce que nous devrions faire pour l'amitié ?

— Ce que vous voulez, dit Rieux.

— Prendre un bain de mer. Même pour un futur saint c'est un plaisir digne.

Rieux souriait.

— Avec nos laissez-passer, nous pouvons aller sur la jetée. A la fin, c'est trop bête de ne vivre que dans la peste. Bien entendu, un homme doit se battre pour les victimes. Mais s'il cesse de rien aimer par ailleurs, à quoi sert qu'il se batte ?

— Oui, dit Rieux, allons-y.

Un moment après, l'auto s'arrêtait près des grilles du port. La lune s'était levée. Un ciel laiteux projetait partout des ombres pâles. Derrière eux s'étageait la ville et il en venait un souffle chaud et malade qui les poussait vers la mer. Ils montrèrent leurs papiers à un garde qui les examina assez longuement. Ils passèrent et à travers les terre-pleins couverts de tonneaux, parmi les senteurs de vin et de poisson, ils prirent la direction de la jetée. Peu avant d'y arriver, l'odeur de l'iode et des algues leur annonça la mer. Puis ils l'entendirent.

Elle sifflait doucement au pied des grands blocs de la jetée et, comme ils les gravissaient, elle leur apparut, épaisse comme du velours, souple et lisse comme une bête. Ils s'installèrent sur les rochers tournés vers le large. Les eaux se gonflaient et redescendaient lentement. Cette respiration calme de la mer faisait naître et disparaître des reflets huileux à la surface des eaux. Devant eux, la nuit était sans limites. Rieux, qui sentait sous ses doigts le visage grêlé des rochers, était plein d'un étrange bonheur. Tourné vers Tarrou, il devina, sur le visage calme et grave de son ami, ce même bonheur qui n'oubliait rien, pas même l'assassinat.

Ils se déshabillèrent. Rieux plongea le premier. Froides d'abord, les eaux lui parurent tièdes quand il remonta. Au bout de quelques brasses, il savait que la mer, ce soir-là, était tiède, de la tiédeur des mers d'automne qui reprennent à la terre la chaleur emmagasinée pendant de longs mois. Il nageait régulièrement. Le battement de ses pieds laissait derrière lui un bouillonnement d'écume, l'eau fuyait le long de ses bras pour se coller à ses jambes. Un lourd clapotement lui apprit que Tarrou avait plongé. Rieux se mit sur le dos et se tint immobile, face au ciel renversé, plein de lune et d'étoiles. Il respira longuement. Puis il perçut de plus en plus distinctement un bruit d'eau battue, étrangement clair dans le silence et la solitude de la nuit. Tarrou se rapprochait, on entendit bientôt sa respiration. Rieux se retourna, se mit au niveau de son ami, et nagea dans le même rythme. Tarrou avançait avec plus de puissance que lui et il dut précipiter son allure. Pendant quelques minutes, ils avancèrent avec la même cadence et la même vigueur, solitaires, loin du monde, libérés enfin de la ville et de la peste. Rieux s'arrêta le premier et ils revinrent lentement, sauf à un moment où ils entrèrent dans un courant glacé. Sans rien dire, ils précipitèrent tous deux leur mouvement, fouettés par cette surprise de la mer.

Habillés de nouveau, ils repartirent sans avoir prononcé un mot. Mais ils avaient le même coeur et le souvenir de cette nuit leur était doux. Quand ils aperçurent de loin la sentinelle de la peste, Rieux savait que Tarrou se disait, comme lui, que la maladie venait de les oublier, que cela était bien, et qu'il fallait maintenant recommencer.

  Est-ce que quelqu'un pourrait m'aider s'il vous plait !!
J'aimerai rédiger un commentaire sur ce texte,
Mais je n'ai que très peu d'idées pour le plan, si quelqu'un l'a déja lu ou pourrait m'aider ... : (

#2 05-05-2008 22:23:55

Lice
Invité

Re: Albert Camus- La Peste

intro: situation : Tarrou et Rieux sur une terrasse, au-dessus de la ville lui tournent le dos - regardent mer - isolés - confidences --> quittent la ville

1. l'amitié néc. (se battre pour victimes, mais ne pas se priver de ce qu'il aime)
2. 2 univers : ville univers repoussant / mer univers agréable / séparés par un lieu de transition (voir sensations - odorat)a
3. une nature accueillante, bienveillante - le bonheur s'exprime au contact de la nature
4. le bonheur réside dans la communion de deux êtres / le bonheur un moment infiniment court
5. le bonheur donne un sens à la lutte

concl. pour accéder au bonheur, il faut en être à ses propres yeux
il faut accepter un moment d'arrêt et donner la priorité au bonheur
le bonheur consiste dans la communion de 2 êtres qui n'oublient rien
seuls des instants de bonheur donnent un sens à la lutte

ne pas oubier de bien illustrer chacune des affrimations

#3 08-05-2008 10:17:15

Alice
Invité

Re: Albert Camus- La Peste

Merci beaucoup cela m'aide énrmément!
Encore merci.

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