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#1 17-09-2008 16:54:11

Tilde
Invité

L'existence de la société exlut-elle l'autonomie de l'individu ? (ou comment aider une novice ^^)

Bonjour à tous !
Je me lance dans ma première dissertation de philosophie et même si un grand nombre d'idées me traversent l'esprit, je ne sais trop comment m'organiser. D'où ce petit message qui, j'espère vous inspirera quelques réponses ^^

J'ai tout d'abord défini les termes de mon sujet (je donne ici les deux définitions principales, qui m'ont fait avancer dans mon -maigre- questionnement)
société : un groupe d'individus qui travaillent, échangent, en obéissant à des règles.
autonomie : la capacité/ le pouvoir de choisir de son propre chef, de se gouverner par ses propres lois.

L'homme étant par nature social, dépendant d'autrui et donc de la société, il ne peut être totalement autonome puisqu'il vit précisément dans cette société, faite de règles, de lois, où il a besoin de l'autre pour vivre. Mais l'homme n'est-il pas pourvu d'une conscience ? Ainsi, il a conscience de ce fait et accepte librement de se soumettre à la volonté générale (cf contrat social). Donc, il obéit bien à la loi qu'il s'est donné et est de ce fait autonome dans le cadre de la société.. (?)

Hum, ça se voit que je n'ai suivi pour l'instant que 3 petites heures de philosophie. Ayez donc pitié de moi (et de ma réflexion naissante sur cette question) ^^

Un grand merci d'avance.

#2 17-09-2008 18:39:52

François
Invité

Re: L'existence de la société exlut-elle l'autonomie de l'individu ? (ou comment aider une novice ^^)

L’opposition qui semble se manifester ici concerne d’une part la liberté individuelle et d’autre part la vie en société. Si nous devons questionner leur compatibilité, c’est qu’a priori les deux termes semblent se distinguer l’un de l’autre, et cela au point de s’opposer radicalement. A première vue, en effet, « pouvoir faire tout ce que l’on veut » semble définir correctement la liberté de l’individu, qui pourrait accomplir par lui-même tout ce qu’il désire. A cela viendraient alors s’opposer les contraintes de la vie en société et notamment la présence des lois, qui, dans toute société, marquent les limites acceptables des actions individuelles. Seulement, cette opposition va-t-elle de soi ?  Imaginons ce que serait un homme exclu de toute société, qui vivrait entièrement retiré de tout rapport à la société : ne ressemblerait-il pas, comme dit Aristote, à « une bête ou un dieu » ? En tous cas, il perdrait presque sa dimension purement humaine, au point que sa liberté pourrait bien être remise en question. Nous devons alors nous demander s’il est véritablement possible d’être libre hors de toute société. C’est peut-être cette société qui en nous demandant d’obéir à des lois, nous apprend à être libre.

#3 17-09-2008 19:00:42

Tilde
Invité

Re: L'existence de la société exlut-elle l'autonomie de l'individu ? (ou comment aider une novice ^^)

Merci pour ta réponse. Donc, par "autonomie" je peux supposer "liberté" ? J'avais justement peur de m'éloigner...
Si je récapitule un peu.. par la présence de lois, je peux affirmer mon autonomie, ma liberté. En ce sens, la société est conditon à l'expression de toute autonomie, donc ? Et si j'étoffe l'idée par l'exemple que vous avez donné (l'île) + le fait que sans autrui, sans éducation, l'individu ne peut "apprendre" à être autonome etc. ça va ? J'en reviens en définitive toujours au même point : que la société est essentielle pour cela. Mais ne faut-il pas d'autres élements ?

Ainsi, pensez-vous que je peux tout d'abord exploiter l'opposition apparente individu/société, l'homme est animal social et dépend de la société, se plie aux lois, règles, normes etc. pour parler ensuite de la société comme, en fait, la condition pour "être autonome" ? N'est pas un peu restrictif ?

Merci de me lire et de me guider wink
Bonne soirée.

#4 17-09-2008 19:13:04

François
Invité

Re: L'existence de la société exlut-elle l'autonomie de l'individu ? (ou comment aider une novice ^^)

N'oubliez pas de montrer a contrario combien la société peut être une aliénation pour l'individu. Vous pouvez à cet égard penser aux thèses de Nietzsche ou des anarchistes.

F.

#5 17-09-2008 19:26:30

Tilde
Invité

Re: L'existence de la société exlut-elle l'autonomie de l'individu ? (ou comment aider une novice ^^)

Pensez-vous à un ouvrage en particulier, pour Nietzsche, qui puisse m'aider ?
Je tenterai donc de montrer comment la société "impose" des désirs, des ambitions bien définies et que l'existence même de lois déplace le caractère autonome de ma pensée : je ne fais pas ceci ou cela par que je le décide mais car une règle m'y oblige, donc je n'agis pas véritablement pour moi-même. Jusque là, pas trop de souci ? wink

Mais la conscience de l'individu ne prime-t-elle pas, ici ? Je veux dire... le fait que l'individu soit en finalité conscient de la part d'aliénation et "d'asservissement" qu'induit la société... n'est-ce pas cela qui permet de dire qu'il est autonome quoi qu'il arrive ? (hum, ça sonne un peu comme une conclusion... pensez-vous que cela pourrait être en effet la "clé" du problème ou que je dois l'inclure dans le développement ? Si oui, de quelle manière car je ne vois pas trop..)

Encore merci, en tout cas.

#6 17-09-2008 21:29:30

François
Invité

Re: L'existence de la société exlut-elle l'autonomie de l'individu ? (ou comment aider une novice ^^)

Voilà un texte de N.


Nietzsche: peut-on concevoir une société sans état ?

L'État, c'est le plus froid de tous les monstres froids. Il ment froidement, et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : Moi, l'État, je suis le Peuple. » C'est un mensonge ! Ils étaient des créateurs, ceux qui créèrent les peuples et qui suspendirent au-dessus des peuples une foi et un amour : ainsi ils servaient la vie. Ce sont des destructeurs, ceux qui tendent des pièges au grand nombre et qui appellent cela un État : ils suspendent au-dessus d'eux un glaive et cent appétits. Partout où il y a encore du peuple, il ne comprend pas l'État et il le déteste comme le mauvais oeil et une dérogation aux coutumes et aux lois. Je vous donne ce signe : chaque peuple a son langage du bien et du mal ; son voisin ne le comprend pas. Il s'est inventé ce langage pour ses coutumes et ses lois. Mais l'État ment dans toutes ses langues du bien et du mal ; et, dans tout ce qu'il dit, il ment -, et tout ce qu'il a, il l'a volé. Tout en lui est faux ; il mord avec des dents volées, le hargneux. Même ses entrailles sont falsifiées. Une confusion des langues du bien et du mal, - je vous donne ce signe, comme le signe de l'État. En vérité, c'est la volonté de la mort qu'indique ce signe, il appelle les prédicateurs de la mort ! Beaucoup trop d'hommes viennent au monde : l'État a été inventé pour ceux qui sont superflus ! Voyez donc comme il les attire, les superflus ! Comme il les enlace, comme il les mâche et les remâche ! Il n'y a rien de plus grand que moi sur la terre : je suis le doigt ordonnateur de Dieu », - ainsi hurle le monstre. Et ce ne sont pas seulement ceux qui ont de longues oreilles et la vue basse qui tombent à genoux ! Hélas, en vous aussi, ô grandes âmes, il murmure ses sombres mensonges ! Hélas, il devine les coeurs riches qui aiment à se répandre ! Certes, il vous devine, vous aussi, vainqueurs du Dieu ancien ! Le combat vous a fatigués et maintenant votre fatigue se met au service de la nouvelle idole ! Elle voudrait placer autour d'elle des héros et des hommes honorables, la nouvelle idole ! Il aime à se chauffer au soleil de la bonne conscience, - le monstre froid ! Elle veut tout vous donner, si vous l'adorez, la nouvelle idole : ainsi elle s'achète l'éclat de votre vertu et le fier regard de vos yeux. Vous devez lui servir d'appât pour les superflus ! Oui, c'est l'invention d'un tour infernal, d'un coursier de la mort, cliquetant dans la parure des honneurs divins ! Oui, c'est l'invention d'une mort pour le grand nombre, une mort qui se vante d'être la vie, une servitude selon le coeur de tous les prédicateurs de la mort L'État est partout où tous absorbent des poisons, les bons et les mauvais ; l'État, où tous se perdent eux-mêmes, les bons et les mauvais ; l'État, où le lent suicide de tous s'appelle - la vie ». (...) Là où finit l'État, là seulement commence l'homme qui n'est pas superflu : là commence le chant du nécessaire, la mélodie unique, irremplaçable.""""

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